les pérégrinations de la pensée

1 août 2008

L’élégance du hérisson

Publié par neovecuay dans livres

Le phénomène littéraire inattendu de 2007…

Ce livre tombe à point au moment où je me dis qu’il faut que je me remette à la langue de Molière. Du point de vue lexical, j’ai aimé ce livre car je dois l’avouer sans honte, il m’a obligée à lire avec un dictionnaire à proximité. Mise à niveau et remise à niveau. Je suis dans cet entre-deux où les plus belles choses sont inexprimées. Ma langue maternelle ne sert plus qu’à exprimer des choses insensibles, et ce français encore balbutiant de frustration. Au fond, je pense que j’aime cet endroit, sensoriel, intuitif, corporel, riche de sensualité.

Sur le plan littéraire, Muriel Barbery n’a pas énormément de choix. Elle doit mimer le langage chatié d’une concierge autodidacte dévoreuse de culture et de savoir, et d’une adolescente surdouée précocément désabusée et outrageusement lucide (l’un va-t-il sans l’autre ?). Avec cela le style est scellé, pas forcément pour le plaisir de la lecture !

Deux solitudes donc, qui cohabitent un immeuble d’un beau quartier  parisien. Deux humanités qui vont se croiser et se dépasser.

Sur le plan syntaxique, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mes prof de français… elles s’arracheraient les cheveux sur certains passages … « Comme je suis rarement aimable, quoique toujours polie, on ne m’aime pas mais on me tolère tout de même parce que je corresponds si bien à ce que la croyance sociale a aggloméré en paradigme de la concierge d’immeuble que je suis un des multiples rouages qui font tourner la grande illusion universelle selon laquelle la vie a un sens qui peut être aisément déchiffré» … « Il m’était si humiliant de devoir cuisiner ces mets infâmes que l’intervention de M. de Broglie, le conseiller d’Etat du premier, qu’il dut qualifier auprès de sa femme de courtoise mais ferme et qui visait à chasser de l’existence commune ces relents plébéiens, fut un soulagement immense que je dissimulai du mieux que je le pus sous l’apparence d’une obéissance contrainte. »…

C’est sûr, je préfère la prose avec sa légèreté vaporeuse.

Ce livre est plein d’ironie trop souvent convenue. Un ton parfois pontifiant. Des allégations réductrices. Des passages cocasses, d’autres beaucoup plus creux… Comme il est plein de bons sentiments, j’ai une petite pensée pour madame Michel à la fin du livre.

L’élégance du hérisson de Muriel Barbery. Lecture achevée le 26 Juillet 2007

.

.

citations |
perdue |
Journal d'un mendiant d'âme |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | o0° POuSsIèRe d'EtOiLe °0o
| Mission Akira
| Colombe22